• Les voyages scolaires et les sorties pédagogiques

    Les voyages scolaires et les sorties pédagogiques participent à la mission éducative des établissements et s'inscrivent dans les axes du projet d'établissement. Ils constituent des prolongements du temps scolaire et par conséquent sont soumis aux mêmes règles que dans l'enceinte de l'établissement. Le règlement intérieur fait loi, y compris au cours des périodes extérieures au temps scolaire proprement dit.

    Si le chef d'établissement est le seul à pouvoir prendre la décision d'en autoriser l'organisation, le conseil d'administration doit approuver la programmation annuelle de l’ensemble des voyages et sorties et les modalités financières ad hoc. En particulier, un point qui fait souvent débat dans les établissements : Les frais engagés par le séjour des accompagnateurs, les professeurs comme les bénévoles, constituent des dépenses de fonctionnement de l'établissement. Ils ne peuvent en aucun cas être financés, même indirectement, par les contributions des familles.

    Dans ces conditions, des financements doivent être trouvés par ailleurs pour payer les montants correspondants : crédits alloués par l'état ou les collectivités locales, contribution du foyer socio-éducatif pour les collèges ou de la maison des lycéens pour les lycées, ressources provenant d'entreprises privées.

    Une sortie obligatoire ne peut avoir lieu que pendant le temps scolaire et doit être gratuite pour les familles. En dehors du temps scolaire (pour partie) elle ne peut être que facultative. C'est le cas des voyages scolaires[1].

    Ces sorties et voyages ont un intérêt éducatif évident, puisqu'ils participent à l'autonomisation des élèves, à la prise de responsabilités, au développement de la mobilité (y compris internationale), à la découverte et à la rencontre de l'autre. En effet, de nombreux adolescents ayant peu l'occasion de voyager, connaissent peu les différences et les coutumes des autres régions et des pays étrangers. Si traditionnellement le bain de langue est invoqué pour justifier de l'intérêt d'un voyage à l'étranger, il faut avouer que celui ci est en réalité limité. En effet, l'écoute d'une langue parlée « authentique » peut être réalisée autrement, à moindre coût, en particulier en utilisant des documents ou des séries qui sont véhiculés par internet. Il est d'ailleurs probable que l'écoute régulière de webséries en anglais a eu un impact très positif sur le niveau de langue des jeunes.

     

    Faire découvrir l'Europe à ceux qui n'ont pas la chance de partir

     

    De manière générale, qu'ils durent quelques heures ou plusieurs jours, les principaux avantages et objectifs d'une sortie ou d’un voyage sont liés au projet et à la découverte : d'une culture, d'une tradition, d'un art. Ils sont adossés à un projet pédagogique qui permet de travailler autrement, en favorisant la pluridisciplinarité. Ils offrent l'opportunité de croiser les regards sur un même objet d'étude et enrichissent le programme.

     

    Quand elles durent plusieurs jours, les sorties sont aussi l'occasion de découvrir autrement qu'en milieu scolaire les adolescents et de se rendre compte qu'ils possèdent des compétences parfois inexploitées en classe.

     

    Pour autant, malgré leurs atouts indéniables, les voyages scolaires ont deux défauts principaux :

    -        Ils sont payants et par conséquent concernent généralement des élèves issus de milieux assez favorisés qui ont déjà eu l'occasion de voyager. Il n'est d'ailleurs pas rare que certains élèves aient bénéficié de plusieurs séjours scolaires à l'étranger quand d'autres n'ont jamais pu partir pour des raisons financières.

    -        Leur multiplication entraîne de nombreuses absences de professeurs qui peuvent désorganiser le fonctionnement de l'établissement, et réduire le nombre d'heures prévues dans le référentiel pour finir le programme.

     

    Il est important que l'équipe éducative du collège ou du lycée ait conscience de ces effets pour proposer des solutions adaptées, en amont. Le reproche est souvent fait à l'Ecole de propager les inégalités et non de les réduire. Lorsqu' un voyage scolaire est proposé, il faut se poser la question du financement pour tous les élèves. Très souvent des frais supérieurs à 300 euros sont demandés aux familles. Des facilités de paiement échelonnés ne peuvent pas résoudre les difficultés de parents qui n'ont que l'alternative de refuser le départ de leur enfant ou de comprimer encore plus un budget déjà très contraint pour ne pas mettre leur enfant en marge du groupe. Un second aspect inégalitaire concerne les élèves retenus pour le voyage. La taille du groupe étant limitée pour des raisons pratiques évidentes (logements disponibles, nombre de places dans le bus…), l’excès de demandes impose parfois d’opérer un choix parmi les participants potentiels. Dès lors la vigilance doit être de mise. Si les critères (implicites) sont liés au comportement ou aux résultats on privilégie les élèves qui sont les plus scolaires, ceux qui sont le plus en phase avec les codes de l’école et non ceux qui en retireraient le plus grand bénéfice éducatif.

     

    Pour éviter la désorganisation du printemps, dates habituelles des séjours à l'étranger, une réflexion collégiale de toute l'équipe éducative, incluant les CPE, l'intendance et la direction et associant les parents est obligatoire. Le conseil d'administration est le lieu approprié car les parents, et les collectivités locales qui participent à ce financement la plupart du temps doivent prendre part aux décisions qui concernent le nombre de sorties annuelles, l'aspect administratif et leur planification. Partant de ce constat, une évaluation objective des précédents voyages avec des critères et des indicateurs définis en amont permet d’éviter l'écueil de discussions qui touchent souvent l'affect des personnes qui sont à l'origine des propositions.

    Concernant le volet pédagogique du projet, celui ci est souvent le fait exclusif des professeurs. Or, dans le cas présent, sa co-construction avec les élèves offre l'avantage de multiplier les approches possibles et de rendre les adolescents plus soucieux de l'intérêt qu'ils vont en retirer pour une meilleure valorisation en classe.

     

    Pour toutes ces raisons, les sorties scolaires réalisées dans un environnement proche, à l'échelle régionale quand l'échelle locale n'est pas opportune, sont à privilégier.

     



    [1] On se réfèrera à la circulaire n°2011-117 du 3 août 2011 modifiée par la circulaire du 13 juillet 2013 pour préciser les modalités d'organisation. 

     


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