• Cahier ou classeur ?  

     

    La question semble secondaire mais elle alimente de nombreuses discussions, non seulement entre les professeurs mais aussi entre et avec les parents. Que le type du support d’écriture soit laissé à l’initiative de l’élève ou imposé, il n’est pas superflu d’analyser les avantages et inconvénients de chacun d'eux. Il est aussi important d’expliquer aux élèves et parents les souhaits ou les volontés qui ont été affirmés car les raisons qui dictent les choix sont diverses. Il est par conséquent utile de mettre de la cohérence dans le discours adressé aux parents. En effet, les disciplines ayant leurs propres spécificités, les préférences des enseignants pour une forme ou une autre sont souvent légitimes mais pas toujours clairement énoncées.

    Pour résumer, trois attitudes existent concernant ce type de fournitures scolaires. La première consiste à laisser une totale liberté aux élèves en considérant qu'ils sont les mieux à même de savoir ce qui est bon pour eux. Cette pratique a l'avantage de rendre autonomes et responsables les élèves mais n'est pas toujours adaptée pour les plus jeunes, en particulier en sixième et cinquième. Les professeurs qui laissent le choix indiquent toutefois souvent  leur  préférence pour aider les indécis. A l'autre extrême, certains professeurs sont très précis dans leur demande et n'acceptent pas qu'on y déroge. Certains peuvent avoir des exigences difficiles à justifier, par exemple un trop grand nombre de cahiers, ou un cahier de deux cent pages qui sera très volumineux et difficile à transporter. Ces cas sont heureusement assez rares. La plupart du temps les professeurs donnent des indications relativement précises et font des choix raisonnables.

     

    Avant de demander d'acheter tel type de cahier ou de classeur, on peut se poser la question du coût pour les parents et du poids pour l'enfant qui le porte. Un cahier grand format 24x32, 96 pages pèse environ 350 g, et 500 g pour 140 pages. Quatre cahiers de ce dernier type alourdiront ainsi le cartable de 2 kg. Les mêmes cahiers en format 21x29,7 diminuent le poids d'environ 20%.

    Suivant les disciplines, les professeurs préfèrent les petits ou les grands carreaux. Il faut savoir que les jeunes élèves ont plus de difficultés à écrire correctement quand les interlignes ne sont pas marquées.

     

    Voyons d'abord les avantages et les inconvénients du cahier par rapport au classeur. Le cahier permet d'avoir l'ensemble des leçons à disposition pendant les heures de cours, ce qui offre la possibilité de travailler les nouvelles séquences en consolidant régulièrement les acquis antérieurs. Un cahier est a priori ordonné, mais l’expérience montre qu’un contrôle régulier n’est pas superflu, que l'élève soit au collège ou au lycée. En revanche, la tenue d'un cahier peut poser des difficultés si il est organisé en plus de deux parties. Pour rédiger les exercices, il arrive souvent que les élèves doivent retourner leur cahier. Cela ne représente pas un obstacle supplémentaire dans la gestion de leurs écrits. Mais si le professeur décide aussi de traiter séparément plusieurs champs disciplinaires dans le même cahier, par exemple l’histoire et la géographie, les approches linguistiques et culturelles en langue vivante, le projet théâtre et l’analyse de textes littéraires en lettres… en commençant l’un d’eux au début et l’autre au milieu du cahier on peut rapidement aboutir à une désorganisation dommageable. La solution d’utiliser plusieurs cahiers résout ce problème mais peut créer des contraintes à certains élèves qui ne sauront jamais lequel doit être apporté en classe. Or, prendre les deux n’a pas d’intérêt et augmente le poids du cartable. Notons enfin qu’un grand nombre de photocopies à coller, pratique qui semble en expansion, peut compliquer la lecture et la compréhension des notions importantes et nouvelles à acquérir mais aussi alourdir considérablement et déformer les cahiers.

     

    Le classeur (ou le trieur) présente plusieurs avantages appréciables. Partagé à plusieurs disciplines il est globalement plus léger que l'ensemble des cahiers auxquels il se substitue. Les possibilités de rangements sont multiples et variées. Les contrôles se conservent plus facilement, comme les photocopies de documents distribuées par le professeur. Il requiert cependant un apprentissage pour l'organiser correctement car il est peu utilisé au primaire. En contre partie, un classeur apprend à être ordonné. Mais le professeur veillera à contrôler très souvent la tenue des classeurs car les élèves peu soigneux peuvent rapidement être en perdition dans la discipline du fait d'une gestion calamiteuse des feuilles volantes.

     

    Si le choix du type de fourniture reste en général du ressort du professeur, il est important d'en avoir une vision globale et pluridisciplinaire et se rendre compte que la gestion cohérente d'un cahier ou d'un classeur n'a rien d'évident et peut induire des difficultés scolaires difficilement surmontables sans un suivi régulier de l'ensemble des enseignants.


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    La question semble secondaire mais elle alimente de nombreuses discussions, non seulement entre les professeurs mais aussi entre et avec les parents. Que le type du support d’écriture soit laissé à l’initiative de l’élève ou imposé, il n’est pas superflu d’analyser les avantages et inconvénients de chacun d'eux. Il est aussi important d’expliquer aux élèves et parents les souhaits ou les volontés qui ont été affirmés car les raisons qui dictent les choix sont diverses. Il est par conséquent utile de mettre de la cohérence dans le discours adressé aux parents. En effet, les disciplines ayant leurs propres spécificités, les préférences des enseignants pour une forme ou une autre sont souvent légitimes mais pas toujours clairement énoncées.

    Pour résumer, trois attitudes existent concernant ce type de fournitures scolaires. La première consiste à laisser une totale liberté aux élèves en considérant qu'ils sont les mieux à même de savoir ce qui est bon pour eux. Cette pratique a l'avantage de rendre autonomes et responsables les élèves mais n'est pas toujours adaptée pour les plus jeunes, en particulier en sixième et cinquième. Les professeurs qui laissent le choix indiquent toutefois souvent  leur  préférence pour aider les indécis. A l'autre extrême, certains professeurs sont très précis dans leur demande et n'acceptent pas qu'on y déroge. Certains peuvent avoir des exigences difficiles à justifier, par exemple un trop grand nombre de cahiers, ou un cahier de deux cent pages qui sera très volumineux et difficile à transporter. Ces cas sont heureusement assez rares. La plupart du temps les professeurs donnent des indications relativement précises et font des choix raisonnables.

     

    Avant de demander d'acheter tel type de cahier ou de classeur, on peut se poser la question du coût pour les parents et du poids pour l'enfant qui le porte. Un cahier grand format 24x32, 96 pages pèse environ 350 g, et 500 g pour 140 pages. Quatre cahiers de ce dernier type alourdiront ainsi le cartable de 2 kg. Les mêmes cahiers en format 21x29,7 diminuent le poids d'environ 20%.

    Suivant les disciplines, les professeurs préfèrent les petits ou les grands carreaux. Il faut savoir que les jeunes élèves ont plus de difficultés à écrire correctement quand les interlignes ne sont pas marquées.

     

    Voyons d'abord les avantages et les inconvénients du cahier par rapport au classeur. Le cahier permet d'avoir l'ensemble des leçons à disposition pendant les heures de cours, ce qui offre la possibilité de travailler les nouvelles séquences en consolidant régulièrement les acquis antérieurs. Un cahier est a priori ordonné, mais l’expérience montre qu’un contrôle régulier n’est pas superflu, que l'élève soit au collège ou au lycée. En revanche, la tenue d'un cahier peut poser des difficultés si il est organisé en plus de deux parties. Pour rédiger les exercices, il arrive souvent que les élèves doivent retourner leur cahier. Cela ne représente pas un obstacle supplémentaire dans la gestion de leurs écrits. Mais si le professeur décide aussi de traiter séparément plusieurs champs disciplinaires dans le même cahier, par exemple l’histoire et la géographie, les approches linguistiques et culturelles en langue vivante, le projet théâtre et l’analyse de textes littéraires en lettres… en commençant l’un d’eux au début et l’autre au milieu du cahier on peut rapidement aboutir à une désorganisation dommageable. La solution d’utiliser plusieurs cahiers résout ce problème mais peut créer des contraintes à certains élèves qui ne sauront jamais lequel doit être apporté en classe. Or, prendre les deux n’a pas d’intérêt et augmente le poids du cartable. Notons enfin qu’un grand nombre de photocopies à coller, pratique qui semble en expansion, peut compliquer la lecture et la compréhension des notions importantes et nouvelles à acquérir mais aussi alourdir considérablement et déformer les cahiers.

     

    Le classeur (ou le trieur) présente plusieurs avantages appréciables. Partagé à plusieurs disciplines il est globalement plus léger que l'ensemble des cahiers auxquels il se substitue. Les possibilités de rangements sont multiples et variées. Les contrôles se conservent plus facilement, comme les photocopies de documents distribuées par le professeur. Il requiert cependant un apprentissage pour l'organiser correctement car il est peu utilisé au primaire. En contre partie, un classeur apprend à être ordonné. Mais le professeur veillera à contrôler très souvent la tenue des classeurs car les élèves peu soigneux peuvent rapidement être en perdition dans la discipline du fait d'une gestion calamiteuse des feuilles volantes.

     

    Si le choix du type de fourniture reste en général du ressort du professeur, il est important d'en avoir une vision globale et pluridisciplinaire et se rendre compte que la gestion cohérente d'un cahier ou d'un classeur n'a rien d'évident et peut induire des difficultés scolaires difficilement surmontables sans un suivi régulier de l'ensemble des enseignants.

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  • Bon courage à tous les candidats aux examens et concours de l'enseignement


  • La violence scolaire, entre mythe et réalité

    Un nouvel article, dans la rubrique "analyses"


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    On peut penser que les médias se plaisent à montrer l’image d’une école violente et décrire une crise d’autorité généralisée. Il s’en suit une forme de psychose larvée qui inquiète fortement les parents. Ceux-ci y répondent alors en cherchant à surprotéger leurs enfants, en les dotant de téléphones portables dès le plus jeune âge, en les mettant dans des écoles privées, en pensant ainsi échapper aux problèmes ou tout au moins limiter les risques. Ce qui est loin d’être démontré, bien au contraire, car la violence entre pairs est multiforme et prend aussi sa source dans les confrontations entre groupes sociaux différents quand tous n’ont pas accès aux mêmes écoles.

     

    Si on exclut les faits divers tragiques mais non représentatifs de la violence scolaire, on peut noter qu’il y a 10-15 incidents graves pour 1000 élèves par an qui sont déclarés dans les collèges et les lycées professionnels. Avec 3-4 incidents graves pour 1000 élèves, l'occurrence est beaucoup plus faible dans les lycées généraux. Ces actes sont surtout le fait des établissements les plus difficiles puisque 10% des collèges et lycées concentrent 50 % des violences. On peut noter aussi que parmi ces établissements «violents », 4 sur 10 relèvent de l’éducation prioritaire, ce qui n’est pas illogique puisque ce sont eux qui concentrent les difficultés sociales et scolaires et dans lesquels les communautarismes sont exacerbés.

    Les actes de violence les plus courants sont liés au racket, aux bagarres, à la violence verbale (insultes, moqueries, menaces), au harcèlement (y compris cyber-harcèlement, et harcèlement SMS). Les enquêtes diverses qui ont été menées ces dernières années montreraient qu’environ 10% des collégiens rencontreraient des problèmes de harcèlement (c'est-à-dire d'actes répétitifs de violence), tandis que 30% des élèves auraient été victimes d'un acte occasionnel de violence. Le cyber-harcèlement est encore peu connu et nous ne savons pas l'ampleur qu'il peut prendre actuellement. Mais selon toute vraisemblance il est loin d'être négligeable et la vigilance s'impose.

    Il faut savoir que le fait d’être victime ou responsable de harcèlement peut être à l’origine de difficultés scolaires graves, d’absentéisme et à terme de décrochage. Il peut aussi engendrer de la violence ou des troubles psychologiques et émotionnels divers.

    Depuis quelques années s’ajoutent à ces faits de violence connus des jeux morbides d’étranglement et d’asphyxie, le plus connu étant celui du « foulard » ou d’agression gratuite comme « le petit pont massacreur » qui consiste à frapper celui qui laisse passer la balle envoyée entre ses jambes. Enfin, il faut ajouter à cela les violences à caractère sexistes (propos déplacés, voyeurisme, déshabillage, attouchements), homophobes et racistes.

    Les agresseurs sont des adolescents le plus souvent, élèves du collège ou du lycée fréquenté par les victimes. Si le nombre d’actes de violence ne semble pas croître depuis 20 ans, on assiste aujourd’hui à un refus plus affirmé de la part du monde des adultes face à ces comportements intolérables, d’où le sentiment d’une violence accrue mais qui ne se confirme pas dans les statistiques et les études. On constate cependant des évolutions. Il y en a deux principalement. La première est une dérive vers une violence de groupe, plus organisée que la violence individuelle, plus insidieuse, qui enferme la victime dans un sentiment d’impossible sortie. Et la seconde une violence dirigée contre les adultes de l’établissement, les professeurs, mais aussi les personnels non enseignants. Celle-ci peut être corrélée à une crise des institutions, et à un rejet de l’autorité scolaire (entre autres) de la part de certains adolescents.

     

    Dans tous les cas, ces actes de violences, s’ils ne sont pas le lot quotidien de la plupart des jeunes, ne peuvent pas être négligés et l’institution doit traiter de manière préventive tout risque de violence dans les établissements. Quand des faits apparaissent, il est crucial d’entendre la victime, et d’apporter une réponse adaptée et ferme montrant que l’école ne peut pas accepter ces pratiques qui sont contraires aux valeurs même de tout système éducatif comme de la république.

     

    Améliorer la qualité de vie à l’école pour réduire la violence scolaire et créer un climat serein, propice aux études

     

    Eric DEBARBIEUX a étudié en détails les processus de la violence scolaire. La plupart du temps, les personnes visées qui subissent des agressions à répétition sont isolées vis-à-vis de leurs pairs, que ce soient des élèves ou des enseignants. Il faut donc créer et entretenir du lien social, dans la classe, dans les équipes éducatives, dans la salle des professeurs pour encourager la prise de parole et aider ceux et celles qui ont peur de confier leur désarroi.

    Certains facteurs de violence sont liés au contexte socio-économique, à l’environnement familial et géographique, à de mauvaises relations. Mais d’autres sont endogènes à l’institution scolaire elle même. Pour réduire les actes de violence, le sociologue a ainsi relevé l’importance d’un climat scolaire apaisé et l’adoption de pratiques pédagogiques dans la classe qui diminuent le stress scolaire. Cela passe par l’instauration de règles claires, simples, comprises de tous, de justice, d’équité et d’écoutes mutuelles qui favorisent le dialogue dans le respect de l’autre.

    On a déjà évoqué dans cet ouvrage l’importance de décloisonner l’éducatif et le pédagogique. Tous les adultes dans l’établissement ont un rôle éducatif et celui-ci n’est pas exclusivement le fait du conseiller principal d’éducation (CPE), mais aussi celui de l’enseignant, des personnels d’entretien, de l’infirmière… Inversement, le CPE peut intervenir sur les aspects pédagogiques, en particulier quand cela concerne les horaires de cours, les regroupements, les sorties, le projet culturel de l’établissement.

    Parfois, les professeurs estiment que le champ éducatif n'est pas de leur prérogative, qu'ils ont déjà une lourde tache à accomplir avec la transmission des connaissances. Mais comment imaginer un instant qu'un adolescent soumis à du harcèlement peut se concentrer sur le cours et le travail donné, qu'il peut mémoriser correctement ce qu'il entend et que ses facultés cognitives ne seront pas affectées par les tensions physiques, morales et affectives qu'il subit.

     

    L’amélioration du climat scolaire ne se décrète pas dans un ministère mais se travaille au quotidien dans chaque établissement, par exemple en considérant que la qualité des espaces de vie influe sur l’attitude générale des élèves.

    On sait désormais par des études nationales et internationales, y compris dans des pays réputés violents, que pour instaurer un climat scolaire apaisé il est essentiel d’associer les élèves et les parents à la réflexion sur le projet, à la médiation sur les problèmes, à la responsabilisation face à la décision de la sanction. Sur ce dernier point, l’exclusion ne peut être la seule solution face à l’ensemble des problèmes rencontrés. Si tout acte de violence, verbale ou physique, fait obligatoirement l’objet d’une procédure disciplinaire, la sanction adoptée est graduée en fonction de la gravité constatée et doit toujours revêtir un caractère éducatif.

    A l'intérieur de l'établissement, la référence de l'adulte, son autorité, la cohérence collective des comportements des professeurs sont des paramètres très importants pour créer les conditions favorables à un climat scolaire détendu. Ainsi, il est aujourd'hui avéré que la stabilité des équipes enseignantes, mais aussi la présence des professeurs et des équipes de direction dans les couloirs, à la porte d’entrée le matin, et dans la cour changent fortement l'ambiance du collège ou du lycée.

    C'est pour cela que le projet d'établissement est particulièrement important. Parce qu'il donne une ligne directrice claire et qu'il établit les priorités, y compris en matière de sorties scolaires et d'activités culturelles. En définissant les conditions du « bien vivre ensemble », il permet à chaque élève de savoir qu'il pourra être entendu et soutenu si il subit des violences de la part de ses pairs.

     

    Enfin, n’oublions pas que les agresseurs, qu'ils soient eux même aussi victimes ou non, sont aussi des jeunes en construction. Cela signifie que la condamnation d'un acte ne peut être associée à un jugement définitif sur le comportement de l'agresseur. Le principe même de l'école est fondé sur sa valeur éducative. Pour tenter de modifier des comportements agressifs, il faut montrer un chemin et convaincre l'adolescent que son avenir n'est pas déjà écrit. 


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