• Travailler avec le chef d'établissement

    Le chef d'établissement est le supérieur hiérarchique du professeur. Toute demande officielle émanant des enseignants doit transiter par lui. Le dossier de l'enseignant est géré administrativement au niveau du collège ou du lycée. L'Inspecteur Pédagogique Régional est en relation intellectuelle et fonctionnelle avec les professeurs de sa discipline mais il n'y a pas de lien hiérarchique, au sens administratif du terme, entre eux. La confusion est à mettre en lien avec la double évaluation des professeurs qui s’effectue par le chef d'établissement et l'inspecteur. Ce qui est un cas assez rare dans la fonction publique. De même, en ce qui concerne les propositions de changement de corps ou de grade, les deux entités émettent un avis argumenté qui servira au classement des candidatures étudiées en CAPA (Commission Administrative Paritaire Académique) ou CAPN (Nationale) pour les agrégés. 

    Les documents officiels qui concernent les professeurs parviennent toujours dans l'établissement de rattachement et sont signés au secrétariat principal (par exemple celui qui atteste du service effectué et qui sert au paiement des salaires, ainsi que les notations et rapports d’inspection). Si la notation ou le rapport d’inspection peuvent être contestés par l'enseignant, leur signature est obligatoire. Elle rend compte de leur consultation.  

     

    Un catalyseur des projets qui rend possible le souhaitable 

     

    Le chef d'établissement est le premier pilote pédagogique du collège ou du lycée. Cette définition, quelquefois contestée par les professeurs, ne peut pourtant pas être mise en doute. En effet, la constitution des emplois du temps est un choix en principe éminemment pédagogique. Or, ce sont les principaux et les proviseurs qui décident de la répartition des heures et du choix des professeurs sur chaque niveau et chaque série. Ce sont eux aussi qui nomment les professeurs principaux. On objectera que la plupart du temps, les décisions des chefs d’établissements s’appuient sur les propositions des équipes disciplinaires. Tant qu’il y a cohérence entre la demande et les possibilités, le chef d’établissement a tout intérêt à respecter une volonté affichée par les équipes. Cependant, en cas de conflit entre professeurs d’une même discipline ou pour d’autres raisons diverses, le chef d’établissement est dans son rôle de manager quand il décide de la répartition finale. 

     

    Parmi ses prérogatives, il est l'ordonnateur des dépenses et préside les différents conseils, en particulier le conseil d'administration et le conseil pédagogique. Il préside aussi les conseils de classe, ou délègue cette mission au chef d'établissement adjoint, au CPE, ou à un professeur, éventuellement. 

    Enfin, il est en dialogue de gestion avec les services académiques pour les moyens (la dotation horaire globale, la répartition par discipline) et rend compte périodiquement des orientations pédagogiques décidées après concertations avec les équipes pédagogiques. Le projet d'établissement et le contrat d'objectifs en sont la synthèse pluri-annuelle. Affecté dans un nouvel établissement il établit un diagnostic qu'il remet à son autorité académique de tutelle, et fournit ensuite annuellement un rapport annuel pédagogique (RAP). 

     

    Le chef d'établissement est par conséquent un interlocuteur incontournable pour les professeurs. En effet, toute action pédagogique, toute demande de sortie scolaire, tout changement au niveau organisationnel, doit être discuté avec lui. 

    Garant de la cohérence globale, des équilibres entre disciplines et des budgets, il ne peut tout accepté. Les enseignants ont parfois du mal à admettre, quand leur projet est intéressant, qu'il ne soit pas retenu. En effet, des priorités sont définies, et un refus ne doit pas être pris comme un jugement de valeur négatif. Il en est de même sur les avis formulés sur des demandes de formation. Généralement le premier voeu est accepté, mais les suivants ne le sont pas toujours. En effet, si la formation continue est indispensable pour assurer la qualité des enseignements, le droit des élèves de disposer de tous leurs cours l'est tout autant. Comme les formations s'effectuent en temps scolaire, la présence des professeurs dans les stages s'accompagne de leur absence devant les élèves. 

     

    Comme toutes les décisions importantes sont prises par le conseil d'administration, présidé par le chef d'établissement qui organise l'ordre du jour, les discussions préalables entre les professeurs et le chef d'établissement permettent de faire comprendre l'intérêt et la richesse de chaque action pédagogique remontée et d’y associer la direction. Pour être saines et productives, les rencontres ont besoin de rester cordiales, professionnelles, et les uns et les autres doivent se rendre disponibles. 

    Comme on le voit rien ne peut exister si le chef d'établissement bloque les initiatives, mais d'un autre côté le projet pédagogique de l'établissement sera inefficace si les enseignants ne se sentent pas en confiance pour participer aux réflexions communes et restent dans l'opposition et la confrontation par rapport à la direction. C'est bien in fine la qualité de management du chef qui influencera positivement ou négativement le fonctionnement du collège, du lycée, et par conséquent le sentiment d’appartenance des élèves qui l'occupent. Comme nous avons parlé précédemment d’un effet maître, il y a aussi un effet chef d’établissement dans la réussite collective des élèves.